Le Temps de 16.02.2018: «Imam-aumônier, un «rempart» à la radicalisation»

Imam Sakib Halilovic, Vorstandsmitglied der VIOZ im Interview mit Le Temps über seine Arbeit als Imam und Seelsorger in der Justizvollzugsanstalt Pöschwies.

“La plus grande prison de Suisse dans le canton de Zurich emploie un imam à plein temps pour l’aumônerie. Le modèle suscite l’enthousiasme des autorités, mais les obstacles ne manquent pas.

Sakib Halilovic fait figure d’exception, comme aumônier musulman employé à plein temps dans une prison: celle de Pöschwies, à Regensdorf (ZH), plus grand centre pénitentiaire de Suisse. Voilà déjà trente ans que des imams foulent les couloirs des prisons suisses, depuis 1987 et la décision du Tribunal fédéral d’autoriser l’organisation de prières du vendredi. Mais il a fallu attendre 2017 pour que l’un d’entre eux accède à une formation continue destinée spécifiquement aux aumôniers en milieu carcéral. Sakib Halilovic est le premier étudiant de ce certificat d’études spécialisées (CAS) de l’Université de Berne. […]

Sakib Halilovic envisage son rôle également comme un rempart contre la radicalisation. A condition de pouvoir «construire une relation de confiance, à même de désamorcer des situations potentiellement conflictuelles», explique-t-il. Les détenus le questionnent souvent sur l’islam, les attentats, la politique. Mais il affirme n’avoir «jamais été confronté» à un individu radicalisé au cours de ses fonctions prises en 2011, d’abord de manière ponctuelle, puis à plein temps depuis l’an dernier. […]

La formation du personnel carcéral figure dans l’éventail des mesures de lutte contre la radicalisation présentées par le Conseil fédéral en décembre dernier. Début février, la conseillère fédérale Simonetta Sommaruga s’est rendue, en visite, à la prison de Pöschwies. La ministre de la Justice ne tarit pas d’éloges sur cet «exemple zurichois» qui devrait inspirer la Suisse. Un enthousiasme qui contraste avec la réalité du terrain. L’offre de formation pour aumônier musulman en est au stade embryonnaire. «L’une des conditions pour suivre ce cursus est d’avoir achevé un master en théologie. Or peu d’imams, en Suisse, possèdent ce degré de formation», souligne Sakib Halilovic, qui a suivi un cursus d’études en théologie islamique en Bosnie. […]”

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Quelle: letemps.ch, 16.02.2018
Bildquelle: Screenshot von letemps.ch vom 16.02.2018